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La boulette du mois : Robert Zoellick (Président de la Banque Mondiale)
24 janvier 2011

La boulette du mois :

Robert Zoellick (Président de la Banque Mondiale) Hé oui on ne manque pas de boulettes politiques quand il s’agit de parler d’agriculture et d’alimentation. Nous prendrons d’ors et déjà l’habitude de mettre en lumière les plus belles boulettes. Elles finiront par une remise de prix en fin d’année : La boulette d’or.

On aurait pu remettre la boulette d’or à KBC en 2008 qui en pleine crise alimentaire se fendait de pleine page de publicité dans les grands journaux du pays sous le titre : "Retournez la hausse des prix des produits alimentaires A VOTRE PROFIT" (sic).

On a particulièrement apprécié en 2010 le "pour lutter contre le réchauffement climatique il faut renforcer la libéralisation" de Pascal Lamy (Directeur général de l’OMC). C’est vrai que face aux problèmes du réchauffement climatique et de la raréfaction du pétrole, renforcer dans chaque région du monde la spécialisation pour ensuite transporter les produits à travers la planète est une idée géniale.

2011 ne sera surement pas une année terne, pour le prouver nous suivront pas à pas les plus belles perles.

Janvier 2011 nous pouvons d’ors et déjà garder la déclaration de Robert Zoellick (président de la Banque mondiale) qui face aux émeutes et manifestations du Maghreb face à la hausse des prix alimentaires proposait sa solution : "la solution pour lutter contre la volatilité des prix n’est pas de poursuivre ou de bloquer les marchés, mais plutôt de mieux les utiliser" c’est vrai qu’au moment où l’enthousiasme pour les marchés internationaux retombe on a bien besoin que la Banque nous rappel à quel point ils sont efficaces des fois qu’il nous viendrait l’idée de compter le moins possible dessus.

Mieux utiliser les marchés, c’est exactement ce que l’on dit aux paysans d’Afrique et d’Europe. C’est sûr, les paysans et les pays comme la Tunisie vont surement pouvoir utiliser les marchés agricoles situés à Londres Paris ou Chicago. Zoellick confond Tunis et Seoul qui vient, il est vrai, de lancer sa compagnie de Trader KAFTC basé à Chicago pour acheter des céréales américaines directement aux fermiers étatsuniens ... Si la Corée du Sud pense que ça va leur permettre d’acheter du blé moins cher... bonne chance.

Février 2011 Pascale Lamy, encore lui, s’inquiète des critiques du fonctionnement des marchés international et rappel dans l’Echo (24/02/11) que pour "lutter contre la faim il faut libéraliser le commerce". "Les marchés internationaux de grains manquent de profondeur. Seul 7% de la production globale de riz est vendu sur les marchés internationaux" et le problème selon le maître OMC c’est que les pays qui sont importateurs dépendent d’un petit nombre de pays exportateurs. D’où sa conclusion logique si tout le monde exporte sur le marché mondiale et que tout le monde y achète tout ira pour le mieux. Merci les Bizounours. Pas un instant il ne vient à l’esprit de monsieur Lamy que le problème vient plutôt du fait que les prix internationaux ont découragé les producteurs des pays qui aujourd’hui importent en masse. Il ne voit pas que ce marché mondial va imposer UN prix qui sera démotivant pour la grande majorité des producteurs. Mais il y a un autre problème quel intérêt de vendre du riz sur le marché international si c’est quand de même pour en acheter à peu près la même quantité pour la consommation locale ? Peut-être pour donner un petit air de voyage au riz. "le minitrip" n’est-il pas un droit fondamental ? Qui est assez courageux pour aller expliquer à Pascale Lamy que la PIC du pétrole est derrière nous ?

Mai 2011 Freshfood Village est une entreprise fantastique, d’abord elle a un chouette nom, Freshfood Village ça sonne local et c’est la tendance en ce moment. Mais creusons un peu : parce que tout cela n’est que du vent en effet l’entreprise se définit comme :"Depuis notre création, nous développons et proposons des concepts produits innovants et différenciants, garantissons la compétitivité à travers l’ouverture au marché mondial". Bref le village c’est la planète et tout le monde sait que la terre est si petite. Pas pour les gueux qui se déplace à pieds mais pour les puissants elle est tellement "village". Tellement petite qu’il n’y a pas de raison de ne pas transporter l’eau (un produit particulièrement lourd) à travers la planète. Alors pourquoi ne pas vendre de l’eau qui vient de 18.000km de Paris ou Bruxelles ? C’est vrai pourquoi pas ? Surtout de Freshfood Village vous explique sur son étiquette de quel écosystème provient l’eau. Photo Julien Truddaiu Une eau embouteillée que vous allez absorber en 2 minutes. Dommage qu’ils n’aient pas pensé à nous mettre sur l’étiquette son empreinte carbone. Pas de raison de s’exciter me direz-vous cela fait longtemps qu’Evian vend son eau en Nouvelle Zélande... C’est vrai d’autant que cela amène un peu de concurrence dans ce secteur d’avenir.