7 milliards d’humains, 1 milliard de voitures, 1 milliard d’affamés… Un autre développement est nécessaire !

7 milliards d’humains, 1 milliard de voitures, 1 milliard d’affamés… Un autre développement est nécessaire !

Communiqué du CNCD-11.11.11

Ce 31 octobre 2011, nous serons 7 milliards d’humains sur la planète. En ces temps de crises multiples (alimentaire, écologique,…), la pression démographique est le coupable idéal. Pour le CNCD-11.11.11, il faut reposer les termes du débat. Le problème n’est pas le nombre de personnes sur la planète. Plus d’égalité homme-femme, une éducation pour tous et des politiques ambitieuses pour une véritable protection sociale permettraient de stabiliser la démographie mondiale. Par ailleurs, plus de cohérence entre les choix politiques dans les domaines commercial, environnemental, agricole et alimentaire, urbanistique,... permettrait aux 7 milliards que nous sommes de vivre plus décemment. Ce sont nos modes de production et de consommation énergivores, pollueurs et gaspilleurs qu’il faut repenser. Deux preuves par l’absurde : 1 milliard de voitures et 1 milliards d’affamés.

« La planète suffoque, c’est un constat. L’exemple du marché de l’automobile est révélateur de l’incohérence du système », explique Véronique Rigot, chargée de recherches au CNCD-11.11.11. « Nos routes sont saturées, il y a plus d’un milliard de voitures sur la planète. Notre atmosphère polluée de CO2 se réchauffe et cause des dommages climatiques aux pays du Sud, nos revendeurs bradent des voitures dites « écologiques » —par ailleurs subventionnées par nos politiques—, et nos voitures en fin de vie, au lieu d’être recyclées pour remettre les matières premières qui la composent dans le circuit de production, sont exportées au Sud où ces épaves engorgent les villes et polluent l’air, et où les multinationales vont par ailleurs extraire de nouvelles matières pour produire de nouvelles voitures ! »

La faim dans le monde est quant à elle est trop souvent instrumentalisée pour vendre des solutions « miracles » telles les OGM, ou pour valoriser les idéologies malthusiennes (il y a trop de pauvres) ou libérales (ouvrons les marché pour faire chuter les prix et nourrir tout le monde). « Ces propositions ne résistent pas à l’analyse de la réalité », nous explique Stéphane Desgain, chargé de recherches au CNCD-11.11.11. « Ce n’est ni par l’envoi d’aide alimentaire, ni par la libéralisation que l’on résoudra le problème de la faim parce que ceux qui en souffrent sont d’abord des paysans. Il faut au contraire leur permettre de vivre de leur travail avec des prix agricoles adaptés à chaque région. Pour cela, il faut, a contrario de l’idéologie libérale, protéger et soutenir l’agriculture familiale. Il faudra en plus orienter l’agriculture vers l’agroécologie, de manière à réduire la dépendance du pétrole et des services brevetés des multinationales, mais aussi à arrêter l’épuisement des sols et de l’eau. » Elle est la seule méthode qui peut produire suffisamment de nourriture pour la planète tout en créant de l’emploi. Il faudra, en plus, une politique sociale qui redistribue les richesses aux consommateurs pauvres pour leur permettre d’affronter la nécessaire hausse des prix alimentaires vers des prix justes. Ces politiques sont les seules options écologiquement et socialement réalistes pour faire face au doublement de la population prévu en Afrique d’ici 2050.

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