POUR UN ARRÊT IMMÉDIAT DE L’ACCAPAREMENT DE TERRES !!

POUR UN ARRÊT IMMÉDIAT DE L’ACCAPAREMENT DE TERRES !!

Les signataires de l’appel du 26 avril demandant à la Banque mondiale de ne pas cautionner l’accaparement des terres sont : La Via Campesina, FIAN, Land Research Action Network et GRAIN, avec le soutien en Belgique de FIAN Belgique, Fédération Unie de Groupements d’Eleveurs et d’Agriculteurs (FUGEA est membre ECVC), SOS Faim - Agir avec le sud, Oxfam-Solidarité, Solidarité Socialiste, LST, Entraide et Fraternité, CADTM, CETRI, CNCD-11.11.11, Association 21, Vredeseilanden, Comité Belgo-brésilien, Oxfam-Magasins du Monde.

Disons NON aux principes promus par la Banque mondiale en vue d’ investissements « responsables » de la part des entreprises agro-alimentaires !

En réponse à la nouvelle vague d’accaparements de terres, par laquelle des investisseurs privés, de Citadel Capital à Goldman Sachs, louent ou achètent des dizaines de millions d’hectares de bonnes terres agricoles en Asie, Afrique et Amérique Latine pour produire de la nourriture ou des carburants, la Banque mondiale (BM) est en train de promouvoir un ensemble de sept principes afin d’assurer le succès de ces investissements. La FAO, le FIDA et la CNUCED ont accepté de rejoindre la BM pour, ensemble, faire avancer ces principes. Leur point de départ est que la course actuelle du secteur privé pour l’acquisition de terres agricoles est risquée. La BM vient tout juste de finaliser une étude montrant l’importance de cette tendance qui vise principalement le transfert à des investisseurs étrangers de droits sur des terres agricoles des pays en développement. La BM semble convaincue que tout flux de capital privé visant à l’expansion de l’agrobusiness transnational là où il n’a pas encore pénétré est bon et doit être autorisé afin que le secteur corporatif puisse retirer plus de richesses du milieu rural. Comme ces investissements sont liés à une privatisation massive et un transfert de droits sur la terre, la BM veut respecter un certain nombre de critères afin de réduire les risques d’explosions sociales non souhaitées : « respect » des droits des utilisateurs actuels de la terre, de l’eau et autres ressources (en les indemnisant), protection et amélioration des conditions de vie au niveau des familles et des communautés (en fournissant des emplois et des services sociaux), et respect de l’environnement. Ce sont les idées centrales qui se cachent derrière les sept principes de la BM pour permettre un accaparement de terres « socialement acceptable ».

Ces principes n’atteindront pas leurs objectifs annoncés. Ces principes sont plutôt un écran de fumée pour tenter de légitimer l’acquisition de terres à grande échelle. Faciliter le contrôle à long terme par des acteurs étrangers sur des terres agricoles appartenant à des communautés rurales est totalement inacceptable, quels que soient les principes suivis. Les principes de la BM, qui seraient totalement volontaires, visent à créer diversion autour du fait que ce qui est nécessaire est une régulation radicalement nouvelle et effective des investissements en réponse aux crises globales financière, alimentaire et climatique.

L’accaparement de terres a commencé à s’intensifier dans de nombreux pays déjà au cours des dix ou quinze dernières années, avec l’adoption de politiques de dérégulation, d’accords commerciaux et d’investissements, et des réformes de gouvernance tournées vers le marché. Les récentes crises alimentaire et financière ont fourni le prétexte à cette vague d’accaparement de terres par les gouvernements et les investisseurs financiers pour essayer de garantir la capacité de production agricole et les futurs stocks alimentaires, ainsi que des actifs qui, à coup sûr, leur fourniront de grands dividendes. Les gouvernements riches cherchent à louer des terres agricoles pour de longues périodes afin de nourrir leurs populations et leurs industries. Parallèlement, les compagnies sont à la recherche de concessions de longue durée pour y établir des plantations où elles produiront des agrocarburants, du caoutchouc, de l’huile, etc. On observe la même tendance dans les régions côtières où la terre, les ressources marines et hydriques sont vendues, louées ou cédées à des promoteurs de tourisme et aux élites locales au détriment des pêcheurs artisans et des communautés locales. D’une manière ou d’une autre, les terres agricoles et les forêts sont soustraites au contrôle des petits producteurs – femmes et hommes -, des pêcheurs et des éleveurs à des fins commerciales, ce qui conduit à leur déplacement, à la faim et à la pauvreté

Avec cet actuel accaparement de terres agricoles à grande échelle, le paradigme de la mondialisation a franchi une nouvelle étape qui sapera l’autodétermination des peuples et leur souveraineté alimentaire. La BM voit la terre et les droits à la terre comme un atout crucial pour les entreprises à la recherche de gros dividendes sur leurs capitaux. Pour eux la terre n’est pas seulement la base pour produire de la nourriture et des matières premières nécessaires aux nouvelles formes d’énergie, c’est aussi la pierre angulaire pour exploiter les réserves d’eau.

Il est donc plus important que jamais de défendre ces ressources afin qu’elles restent disponibles pour ceux qui en ont besoin pour se nourrir et nourrir les autres de manière durable et aussi pour survivre en tant que communautés et individus.

L’accaparement de terres à grande échelle – même quand il n’est pas accompagné d’expulsions forcées – prive les communautés locales de terre , détruit des modes de vie, donne moins de place aux politiques agricoles orientées vers les paysans/paysannes et entraîne une distorsion des marchés en favorisant la concentration toujours plus grande de l’agrobusiness et du commerce global, plutôt que de promouvoir une agriculture paysanne durable, tournée vers les marchés locaux et nationaux et les générations futures. Cela accélérera aussi la destruction des écosystèmes et la crise climatique. Promouvoir ou permettre l’accaparement de terres à grande échelle est une violation du Pacte international relatif aux Droits économiques sociaux et culturels. C’est en contradiction avec la Convention des Nations Unies sur les droits des peuples indigènes. L’accaparement de terres à grande échelle ignore les principes adoptés par la Conférence internationale sur la réforme agraire et le développement rural (CIRADR) en 2006 et les recommandations faites par l’Evaluation internationale des connaissances, des sciences et des technologies agricoles au service du développement (IAASTD en anglais).

L’accaparement de terres à grande échelle doit cesser immédiatement. Les principes de la BM essaient de faire croire que les accaparements de terre peuvent ne pas avoir de conséquences désastreuses. Les organisations paysannes et des peuples indigènes, les mouvements sociaux et des groupes de la société civile reconnaissent largement que ce qu’il faut plutôt, c’est :

- maintenir la terre entre les mains des communautés locales et mettre en œuvre une véritable réforme agraire afin d’assurer un accès équitable à la terre et aux ressources naturelles ;

- soutenir fortement l’agriculture paysanne agroécologique, la pêche et l’élevage à petite échelle, des programmes de recherche agronomique participative et des programmes de formation, afin que les petits producteurs puissent produire en abondance des aliments de qualité pour tous et toutes ;

- changer en profondeur les politiques agricoles et commerciales en vue d’adopter la souveraineté alimentaire et soutenir les marchés locaux et régionaux auxquels les gens puissent accéder pour en tirer profit ;

- promouvoir des systèmes agricoles et alimentaires basés sur le contrôle par les communautés de ressources telles que la terre, l’eau et la biodiversité. Mettre en oeuvre des régulations strictes et obligatoires qui limitent l’accès des entreprises et autres acteurs publics et privés aux terres agricoles, aux zones côtières et humides, aux pâturages et aux forêts.

Aucun principe au monde ne peut justifier l’accaparement de terres !


Dans La Libre (PDF - 111.2 ko)


PV de la réunion avec la Banque mondiale (Word - 35.5 ko)


Dans le Vif (Word - 77 ko)

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