Forum International Via Campesina sur l’Agroécologie Nyéléni, Mali

Forum International Via Campesina sur l’Agroécologie Nyéléni, Mali

Après la rapport international IAASTD (2008), la réunion du Symposium sur l’agroécologie de la FAO (septembre 2014), voici le rapport de la déclaration du Forum International sur l’Agroécologie tenu à Nyéléni février 2015. Ces études, rapport et symposium consacrer à chaque fois l’agroécologie comme pilier fondamental de toute politique agricole à travers le monde.

Ces rapports mettent en évidence le rôle fondamental de l’agroécologie afin de garantir la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la pleine réalisation du droit humain et la souveraineté alimentaire.

Ils mettent également en avant la capacité de résoudre les défis à venir : changement climatique, raréfaction des ressources, demande croissante, enjeux sociaux, emploi, et impasse à l’OMC. Le prochain rapport sur le « Développement agricole durable » du Groupe d’Experts de Haut Niveau du Comité de la Sécurité Alimentaire Mondiale traitera aussi de l’agroécologie.

Déclaration du Forum International sur l’Agroécologie

Nous sommes des délégué(e)s représentant diverses organisations et mouvements internationaux de petits producteurs d’aliments et de consommateurs, comprenant des paysans, des communautés et peuples autochtones y compris des chasseurs et des cueilleurs, des agriculteurs familiaux, des travailleurs ruraux, des éleveurs et bergers, des artisans-pêcheurs et des urbains. Ensemble, les divers secteurs que représentent nos organisations produisent près de 70 % des aliments consommés par l’humanité ; nous constituons à ce titre, les premiers investisseurs dans l’agriculture au niveau mondial et les principaux pourvoyeurs d’emplois et de moyens d’existence dans le monde.

Du 24 au 27 février 2015, nous nous sommes réuni(e)s dans le Centre Nyéléni, à Sélingué (Mali), afin de développer une compréhension commune et partagée de l’agroécologie comme élément clé de la construction de la Souveraineté Alimentaire, ainsi que pour développer des stratégies conjointes visant à promouvoir l’agroécologie et éviter sa récupération par d’autres acteurs. Nous exprimons notre gratitude au peuple malien, qui nous a accueilli(e)s dans ce beau pays. Leur exemple nous a appris que le dialogue des nombreuses formes de savoirs repose sur une écoute respectueuse et sur une construction collective des décisions partagées. Nous exprimons notre solidarité avec nos sœurs et frères maliens qui luttent – parfois au prix de leur vie – pour défendre leurs territoires de la récente vague d’accaparement des terres qui affecte tant nos pays. L’agroécologie implique notre union dans le cercle de la vie, ce qui signifie également que nous devons être unis dans nos luttes contre l’accaparement des terres et contre la criminalisation de nos mouvements.

CONSTRUIRE SUR LE PASSÉ, REGARDER VERS L’AVENIR

Nos peuples, nos secteurs, nos organisations et nos communautés ont déjà parcouru un long chemin dans la définition de la Souveraineté Alimentaire comme porte-drapeau des luttes solidaires pour la justice et en tant que cadre de travail élargi pour l’agroécologie. Nos systèmes de production ancestraux se sont développés sur des millénaires et ont pris le nom d’agroécologie au cours des 30 à 40 dernières années. L’agroécologie telle que nous l’entendons inclut des pratiques et une production performantes ; elle implique des processus territoriaux de paysan à paysan, les centres de formation ainsi que le développement sophistiqué d’une structure théorique, technique et politique.

En 2007, beaucoup d’entre nous nous étions réuni(e)s ici même, à Nyéléni, à l’occasion du Forum sur la Souveraineté Alimentaire, afin de renforcer nos alliances, mais aussi d’élargir et d’approfondir notre compréhension de la Souveraineté Alimentaire, par le biais d’une construction collective orchestrée par nos divers secteurs. C’est dans le même esprit que nous nous rassemblons ici, en 2015, pour le Forum sur l’agroécologie, afin d’enrichir le concept et la pratique de l’agroécologie au moyen d’un dialogue incluant divers acteurs impliqués dans la production d’aliments, ainsi que des consommateurs, des communautés urbaines, des femmes, des jeunes, entre autres acteurs. Aujourd’hui, nos mouvements, organisés au niveau mondial et régional au sein du Comité International de Planification pour la Souveraineté Alimentaire (CIP), franchissent une nouvelle étape historique.

Nos diverses formes de production de nourriture à petite échelle basées sur l’agroécologie génèrent des savoirs locaux, promeut la justice sociale, garantit l’épanouissement de la culture et de l’identité et renforce la viabilité économique des zones rurales. En tant que petits producteurs, nous défendons notre dignité lorsque nous faisons le choix d’une production agroécologique.

SURMONTER DES CRISES MULTIPLES

L’agro-écologie fournit des éléments de réponse sur la manière de transformer et de réparer notre réalité matérielle dans un système alimentaire et un monde rural dévastés par la production industrielle de nourriture et les dénommées Révolutions Verte et Bleue qui en découlent. Nous percevons l’agroécologie comme un élément clef de la résistance à un système économique plaçant la vie avant le profit.

Le modèle des entreprises du secteur agroalimentaire mène à une surproduction d’aliments qui nous empoisonnent, détruit la fertilité des sols, déboise les zones rurales, contamine l’eau et provoque l’acidification des océans, anéantissant par là même les activités de la pêche. Les ressources naturelles essentielles sont transformées en marchandises, tandis que l’augmentation des coûts de production nous contraint à abandonner nos terres. Les semences des paysans ont été volées puis revendues à des prix exorbitants derrière notre dos et transformées en des variétés dépendantes de produits agrochimiques polluants et onéreux. Le système alimentaire industriel est un des principaux vecteurs des multiples crises du changement climatique, de l’alimentation, de l’environnement et de la santé publique, entre autres. Les accords de libre-échange et d’investissement, les mécanismes de règlement des différends entre investisseurs et États, les fausses solutions comme celles des marchés de carbone de la même manière que la financiarisation croissante des terres et de la nourriture ne font qu’aggraver ces crises. L’agroécologie, dans le cadre de la Souveraineté Alimentaire, nous offre une voie de sortie collective à ces multiples crises.

L’AGROÉCOLOGIE À LA CROISÉE DES CHEMINS

Le système alimentaire industriel commence à épuiser son potentiel productif et sa capacité à générer des profits en raison de ses contradictions internes – telles que la question de la dégradation des sols, l’apparition d’herbes résistantes aux herbicides, l’épuisement des stocks halieutiques, la dévastation des plantations de monoculture par les insectes et les maladies – et de ses conséquences négatives de plus en plus visibles, comme les émissions de gaz à effet de serre, la crise sanitaire de la malnutrition, l’obésité, le diabète, les maladies du colon et les cancers dus à une alimentation d’origine industrielle et malsaine.

À la faveur de la pression citoyenne, de nombreuses institutions multilatérales, gouvernements, universités et centres de recherche, ONG et entreprises, entre autres, ont fini par reconnaître l’agroécologie. Cependant, ces acteurs ont essayé de la réduire à un ensemble limité de technologies, afin d’offrir des outils qui semblent atténuer la crise de la durabilité provoquée par l’agriculture industrielle pendant que les structures existantes du pouvoir demeurent inchangées. Cette récupération de l’agroécologie visant à perfectionner le système alimentaire industriel tout en proclamant un attachement de surface aux questions environnementales se présente sous plusieurs noms : « l’agriculture intelligente face au climat », « l’intensification durable ou écologique » ou « la production industrielle de monocultures d’aliments « bio » ». Pour nous, il ne s’agit pas d’agroécologie : nous les rejetons et nous nous battrons pour dénoncer et faire obstacle à cette appropriation insidieuse de l’agroécologie.

La réelle solution aux crises du climat et de la malnutrition, entre autres, ne passera pas par la conformité au modèle industriel, mais plutôt par la transformation et la construction de nos propres systèmes alimentaires locaux, qui créent de nouveaux liens entre la ville et la campagne. Cette transformation est fondée sur la production agroécologique d’aliments par les petits producteurs, les artisans-pêcheurs, les bergers, les peuples autochtones et les agriculteurs en milieu urbain. Nous ne pouvons pas permettre que l’agroécologie devienne un outil au service du modèle industriel de production alimentaire. Nous envisageons l’agroécologie comme la principale alternative à ce modèle et comme un moyen de transformer la manière de produire et de consommer de la nourriture en quelque chose de meilleur pour l’humanité et la Terre Mère.

NOS PILIERS ET PRINCIPES COMMUNS DE L’AGROÉCOLOGIE

L’agroécologie est un mode de vie et représente également le langage de la Nature ; langage que nous apprenons en tant qu’enfants de cette dernière. Ce n’est pas un simple ensemble de technologies ou de pratiques de production. L’agroécologie ne peut pas être appliquée de la même manière partout. Au contraire, elle est fondée sur des principes qui, bien que pouvant être semblables sur un large éventail de territoires, peuvent et sont appliqués de différentes manières, chaque secteur contribuant selon ses spécificités à la réalité et à la culture locales, tout en respectant, en toutes circonstances, la Terre Mère et les valeurs communes que nous partageons.

Les pratiques de production qui caractérisent l’agroécologie (comme la culture intercalaire, la pêche traditionnelle et le pastoralisme nomade, l’intégration des cultures, des arbres, du bétail et des poissons, l’utilisation du fumier, du compost, des semences locales, des races animales locales, etc.), se fondent sur des principes écologiques tels que le développement de la vie des sols, le recyclage des nutriments, la gestion dynamique de la biodiversité et la conservation de l’énergie à de multiples échelles. L’agroécologie réduit de manière considérable l’utilisation des intrants externes qui doivent être achetés auprès des industries. L’agroécologie n’utilise pas de produits agrotoxiques, d’hormones artificielles, d’OGM ou d’autres nouvelles technologies dangereuses.

Les territoires constituent un pilier fondamental de l’agroécologie. Les peuples et les communautés ont le droit de maintenir leurs propres relations spirituelles et matérielles avec leurs terres. Ils sont autorisés à défendre, développer, contrôler et reconstruire leurs structures sociales coutumières et à administrer, aussi bien d’un point de vue politique que social, leurs terres et leurs territoires, y compris leurs fonds de pêche. Ceci implique la pleine reconnaissance de leurs lois, traditions, coutumes, systèmes fonciers et institutions et suppose également la reconnaissance de l’autodétermination et de l’autonomie des peuples.

Les droits collectifs et l’accès aux biens communautaires constituent deux autres piliers essentiels de l’agroécologie. Nous partageons l’accès à des territoires qui hébergent de nombreux groupes différents et nous disposons de systèmes coutumiers sophistiqués que nous voulons préserver et renforcer en matière de règlementation des accès et d’évitement des conflits.

La diversité du savoir et des manières d’apprendre de nos peuples est fondamentale pour l’agroécologie. Nous développons notre connaissance grâce à un dialogue des savoirs. Nos processus d’apprentissage sont horizontaux, de pair-à-pair et basé sur l’éducation populaire. Ils s’illustrent dans nos propres centres et nos territoires d’entraînement (les fermiers enseignent aux fermiers, les pêcheurs aux pêcheurs, etc.). Ils sont également intergénérationnels et permettent la transmission des connaissances entre les jeunes et les anciens. L’agroécologie se développe à travers nos propres innovations, recherches et méthodes de sélection et d’amélioration des espèces cultivées et des races animales.

Nos cosmovisions reposent sur l’équilibre nécessaire entre la nature, le cosmos et les êtres humains. Nous reconnaissons qu’en tant qu’humains, nous sommes un élément de la nature et du cosmos. Nous partageons un lien spirituel avec nos terres et l’ensemble du monde vivant. Nous aimons nos terres et nos peuples, et, sans cela, nous ne pouvons défendre notre agroécologie, lutter pour nos droits ou nourrir le monde. Nous rejetons la marchandisation de toutes les formes de vie.

Les familles, les communautés, les collectifs, les organisations et les mouvements sont le sol fertile dans lequel l’agroécologie se développe. C’est grâce à l’auto-organisation collective et l’action qu’il est possible de démultiplier et développer l’agroécologie à une plus grande échelle, de construire des systèmes alimentaires locaux et de défier le contrôle des grandes entreprises sur notre système alimentaire. La solidarité entre les peuples, entre les populations rurales et urbaines, est un ingrédient essentiel.

L’autonomie de l’agroécologie inverse le contrôle des marchés mondiaux et favorise l’autogestion des communautés. Cela signifie que nous réduisons l’utilisation des intrants extérieurs et implique de repenser les marchés pour les baser sur les principes de l’économie solidaire et de l’éthique de la production et de la consommation responsables. Ce concept d’autonomie promeut des circuits courts équitables et la vente directe. Cela suppose des relations transparentes entre producteurs et consommateurs, fondées sur une solidarité basée sur le partage des risques et bénéfices.

L’agroécologie est politique ; elle nous demande de remettre en cause et de transformer les structures de pouvoir de nos sociétés. Nous devons placer le contrôle des semences, de la biodiversité, des terres et territoires, de l’eau, des savoirs, de la culture, des biens communs et des espaces communautaires entre les mains de celles et ceux qui nourrissent le monde.

Les femmes et leurs connaissances, leurs valeurs, leur vision et leur leadership, sont essentielles pour aller de l’avant. Si les migrations et la mondialisation supposent une augmentation des travaux qui incombent aux femmes, ces dernières disposent d’un accès aux ressources bien moindre que les hommes. Pourtant, bien trop souvent, leur travail n’est ni reconnu, ni apprécié à sa juste valeur. Pour que l’agroécologie atteigne son plein potentiel, le pouvoir, les tâches, la prise de décisions et la rémunération doivent être répartis de manière égale.

Les jeunes, comme les femmes, constituent l’une des deux principales bases sociales de l’évolution de l’agroécologie. Celle-ci peut fournir un espace radical leur permettant de contribuer à la transformation sociale et écologique enclenchée dans nombre de nos sociétés. Les jeunes sont responsables de faire évoluer, à l’avenir, les savoirs collectifs reçus de leurs parents, de leurs aînés et de leurs ancêtres. Ils sont les garants de l’agroécologie pour les générations futures. L’agroécologie doit susciter une dynamique sociale et territoriale qui crée des opportunités pour les jeunes en milieu rural et valorise le leadership des femmes.

STRATÉGIES

Nous sommes en train de construire, de défendre et de renforcer l’agroécologie tous ensemble. Nos stratégies d’évolution sont les suivantes :

- I. Promouvoir la production agroécologique par le biais de politiques qui :

- Adoptent une approche territoriale et holistique sur les questions sociales, économiques et sur les ressources naturelles
- Sécurisent l’accès aux terres et aux ressources pour favoriser l’investissement à long terme des petits producteurs d’aliments
- Garantissent une approche fondée sur l’inclusion et les comptes-rendus de la bonne gestion des ressources, de la production d’aliments, des politiques de marchés publics, de l’infrastructure urbaine et rurale et de la planification urbaine
- Encouragent des processus de planification démocratiques et réellement participatifs, conjointement aux autorités et administrations locales pertinentes
- Promeuvent des règlements sanitaires et d’assainissement ne discriminant pas les petits producteurs et transformateurs d’aliments pratiquant l’agroécologie
- Promeuvent des politiques dans le but d’intégrer les aspects de santé et de nutrition de l’agroécologie et des médecines traditionnelles
- Garantissent l’accès des bergers aux pâturages, aux voies de migration, aux sources d’eau, ainsi qu’aux services mobiles tels que ceux de la santé, d’éducation et les services vétérinaires
- Respectent et soutiennent les droits coutumiers sur les espaces communautaires. Garantissent les droits collectifs des paysans à utiliser, échanger, améliorer, sélectionner et vendre leurs propres semences
- Attirent la jeunesse vers la production agroécologique d’aliments et la soutiennent dans cette activité en renforçant leur accès aux terres et aux ressources naturelles et en leur garantissant un revenu juste, ainsi que l’échange et la transmission des connaissances
- Soutiennent la production agroécologique en milieu urbain et périurbain
- Protègent les droits des communautés qui pratiquent la cueillette, la chasse et la pêche dans leurs territoires traditionnels et encouragent la restauration écologique et culturelle de leur abondance passée
- Garantissent les droits des communautés de pêcheurs
- Mettent en œuvre les Directives Volontaires pour une Gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts dans le cadre de la Sécurité Alimentaire ainsi que les Directives Volontaires sur la pêche artisanale de la FAO
- Garantissent le droit à une vie digne des travailleurs ruraux, y compris une véritable réforme agraire et une formation en agroécologie

- II. Le partage des connaissances

- Échanges horizontaux (de paysan à paysan, de pêcheur à pêcheur, de pasteur à pasteur, de consommateur à consommateur, etc.) et les échanges entre des générations et entre différentes traditions, en incluant les nouvelles idées. Pour cela, la priorité sera donnée aux femmes et aux jeunes
- Un contrôle des peuples sur les priorités de la recherche, ses objectifs et sa méthodologie
- La systématisation des expériences pour apprendre de la mémoire historique et construire sur cette dernière

- III. Reconnaître le rôle central des femmes

- Lutter pour l’égalité des droits des femmes dans toutes les sphères de l’agroécologie, y compris les droits du travail et des travailleurs, l’accès aux biens communs et aux espaces communautaires, l’accès direct aux marchés et le contrôle des revenus
- Toutes les étapes de la formulation à la planification et l’application des programmes et projets doivent compter avec la pleine participation des femmes, en leur attribuant des rôles dans la prise de décisions

- IV. Construire l’économie locale

- Promouvoir les marchés locaux pour les produits locaux
- Soutenir le développement d’infrastructures, d’institutions et de mécanismes de financement alternatifs pour soutenir producteurs et consommateurs
- Reconfigurer les marchés alimentaires par le biais de nouvelles relations de solidarité entre producteurs et consommateurs
- Faire le lien avec l’expérience de l’économie solidaire et les systèmes de garantie participatifs, le cas échéant

V. Développer et diffuser notre vision de l’agroécologie

- Développer un plan de communication pour notre vision de l’agroécologie
- Promouvoir les aspects de santé et de nutrition liés à l’agroécologie
- Promouvoir l’approche territoriale de l’agroécologie
- Promouvoir des pratiques permettant aux jeunes de faire progresser le renouvellement permanent de notre vision de l’agroécologie
- Promouvoir l’agroécologie comme le moyen principal de réduire les pertes et les gaspillages alimentaires dans le système alimentaire

- VI. Construire des alliances

- Consolider et renforcer les alliances existantes telles que celles tissées dans le cadre du Comité International de Planification pour la Souveraineté Alimentaire (CIP)
- Élargir notre alliance pour inclure d’autres mouvements sociaux et des instituts et organismes de recherche publics

- VII. Protéger la biodiversité et les ressources génétiques

- Protéger, respecter et garantir la bonne gestion de la biodiversité
- Reprendre le contrôle des semences et du matériel de reproduction et faire appliquer le droit des producteurs à utiliser, vendre et échanger leurs propres semences et races animales
- Veiller à ce que les communautés de pêcheurs jouent un rôle central dans la gouvernance des eaux marines et continentales

- VIII. Refroidir la planète et s’adapter au changement climatique

- Garantir que les institutions internationales et les gouvernements reconnaissent l’agroécologie telle qu’elle est définie sur le présent document, à savoir comme la solution première pour faire face et s’adapter au changement climatique et non pas comme « l’agriculture intelligente face au climat » ou d’autres fausses versions de l’agroécologie
- Identifier, documenter et partager les bonnes expériences d’initiatives locales en matière d’agroécologie qui s’attaquent au changement climatique

- IX. Dénoncer et combattre la mainmise des entreprises et des institutions sur l’agroécologie

- Lutter contre les tentatives des entreprises et des institutions pour s’approprier l’agroécologie comme un moyen de promouvoir les OGM et les autres fausses solutions et autres nouvelles technologies dangereuses
- Agir contre la divulgation des intérêts des entreprises qui se cachent derrière les solutions techniques telles que l’agriculture intelligente face au climat, l’intensification durable et le « perfectionnement » de l’aquaculture industrielle
- Lutter contre la marchandisation et la financiarisation des avantages écologiques de l’agroécologie

Nous avons construit l’agroécologie au travers de nombreuses initiatives et luttes et avons à ce titre la légitimité d’orienter et d’organiser son développement à l’avenir. Les décideurs ne peuvent pas avancer dans le domaine de l’agroécologie sans nous. Ils doivent respecter et soutenir nos processus agroécologiques et cesser de soutenir les forces qui nous détruisent. Nous exhortons chacun et chacune à nous rejoindre dans la tâche collective consistant à forger l’agroécologie comme un élément des luttes de nos peuples afin de construire un monde meilleur, un monde basé sur le respect mutuel, la justice sociale, l’équité, la solidarité et l’harmonie avec notre Terre Mère.

FR Déclaration du Forum International sur l’Agroécologie 2015

Le Forum international sur l’agroécologie a été organisé au centre Nyéléni au Mali, du 24 au 27 Février 2015 les organisations suivantes : coordination des Organisations Paysannes Nationale des du Mali (CNOP Mali) en tant que président ; La Via Campesina (LVC), Movimiento Agroecologico de LatinoAmérica y el Caribe (MAELA), le Réseau des organisations paysannes et de Producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), le Forum mondial des pêcheurs et travailleurs de la pêche (WFF), Forum mondial des peuples pêcheurs (WFFP), Alliance mondiale des peuples autochtones mobiles (WAMIP), More and Better (MAB)

format imprimable

| Site réalisé avec SPIP, sous Licence de logiciel libre(GPL), optimisé pour FIREFOX | Administration | Espace membres |