Les banques sont aussi redevables à ceux qui souffrent de la faim

Les ONG et les citoyens réagissent : Les banques sont aussi redevables à ceux qui souffrent de la faim

Le 18 juin 2014, cela fera exactement un an que 6 ONG belges (CNCD11.11.11, 11.1.11.11, Oxfam, SOS FAIM, Fairfin, Réseau Financité) ont publié un rapport démontrant que la majorité des grandes banques actives en Belgique étaient impliquées dans la spéculation sur les produits alimentaires. Sur les 9 institutions pointées du doigt, 6 disposent toujours de produits spéculatifs sur les matières agricoles dans leur portefeuille.

Ce rapport a suscité l’indignation des belges. Dès le lendemain de la sortie du rapport, une campagne citoyenne de signatures de lettres pour demander aux banques de stopper la spéculation sur les matières premières agricoles a été initiée par [SOS FAIM >www.onnejouepasaveclanourriture.org]

Malgré un rapport de force inégale entre le citoyen et sa banque, souvent évoqué, plus de 8000 citoyens ont signé une lettre à l’attention de la direction de leur banque. Leurs commentaires et observations vont de l’incompréhension à l’indignation ; du dépit à la menace de changer de banque si aucune position ambitieuse n’est prise.

«  Je suis écœurée, scandalisée !! Je soutiens chaque mot de cette pétition ! Chaque enquête de plus m’encourage à me désolidariser de votre banque, dont je suis pourtant cliente depuis ma naissance : 43 ans, XX ».

« Il est encore temps de faire amende honorable et de changer d’avis, sinon, c’est moi qui risque de changer d’avis concernant mes comptes bancaires... D.A »

« Le rôle de votre institution est de servir l’économie réelle, il n’est pas de spéculer sur le prix de l’alimentation, ou sur toute autre ressource alimentaire comme la terre ou l’eau. R.F » …

Aujourd’hui, à l’occasion de la remise des 8.067 lettres aux banques lors d’une rencontre entre ONG, citoyens et représentants des banques, les ONG ont fait le bilan d’un an de campagne (plus d’infos sur le site de SOS Faim). Le constat du dialogue avec les banques reste, malgré quelques avancées notables, plus que mitigé : Belfius a arrêté la spéculation alimentaire et fermé le fonds mis en cause dans le rapport des ONG. La KBC a adopté et publié une politique interne s’interdisant de spéculer sur les matières premières agricoles, sans exclure toutefois la commercialisation de fonds spéculatifs tiers.

Suite à l’invitation à la rencontre, Crelan, Keytrade ont annoncé qu’elles avaient décidé d’adopter une position interne claire et Axa nous a notifié hier, que les matières premières agricoles avaient été exclues du Fonds et qu’elle s’efforcerait de ne pas participer à la spéculation sur l’alimentation. Au-delà, les autres banques se disent attentives au problème mais en pratique, force est de constater que les actes ne suivent pas.

Pour les ONG, les banques dans leur ensemble ne bougeront que sous la contrainte. La balle est donc maintenant dans le camp du gouvernement. Au cours de nos échanges, elles se sont d’ailleurs dans l’ensemble dites favorables et ouverte à une réglementation claire qui fixerait un cadre contraignant. Lors de la précédente législature, malgré une déclaration gouvernementale ambitieuse, le processus de loi a capoté, ... Le nouveau gouvernement doit être plus ambitieux. Il doit interdire la commercialisation des fonds d’investissement de type spéculatif sur les matières agricoles et renforcer la régulation du secteur financier. Faut-il rappeler que spéculer sur les produits agricoles alimente la faim ? Nos banques sont aussi redevables aux 840 millions de personnes qui, tous les jours, souffrent de la faim.

Retombées presse :
- Vers l’Avenir (JC Herminaire)
- De Standaard 17/6/14
- Metro 18/6/14

lire le rapport du 18 Juin 2013 :


Bilan des banques 1 an apres (PDF - 675.1 ko)


spéculation alimentaire un an après (PDF - 397.6 ko)

format imprimable

| Site réalisé avec SPIP, sous Licence de logiciel libre(GPL), optimisé pour FIREFOX | Administration | Espace membres |