La faim augmente, la Belgique n’arrange rien

La faim augmente, la Belgique n’arrange rien

A l’occasion de la journée mondiale de l’alimentation, des ONG belges* rappellent que 2,5 milliards de personnes souffrent de la faim, soit une personne sur trois, et ne peuvent mener une vie active et saine. Les ONG interpellent le gouvernement belge sur ses responsabilités en matière de cohérence : il ne suffit pas d’aider, il faut aussi cesser de nuire et de jouer avec la nourriture.

« La faim dans le monde continuera d’augmenter si nous ne prenons pas les mesures nécessaires pour stopper ce fléau. Il ne suffit pas d’avoir une politique d’aide privilégiant l’agriculture familiale comme en Belgique, il faut empêcher que d’autres politiques belges et européennes ne viennent contrecarrer et menacer le droit à l’alimentation » souligne Thierry Kesteloot d’Oxfam Solidarité.

La Belgique a pris plusieurs décisions en incohérence totale avec le droit à l’alimentation : la loi de juillet 2013 vise à augmenter les volumes des matières agricoles destinées à produire des agrocarburants malgré leurs impacts négatifs sur la malnutrition et l’accaparement des terres fertiles des paysans du Sud.

« En Belgique, les banques spéculent sur la nourriture. Les ONG l’ont révélé dans le rapport sur la complicité des banques actives en Belgique en matière de spéculation alimentaire. Quatre mois plus tard, un état des lieux montre que la situation a très peu changé alors que nous demandions au gouvernement d’interdire ces pratiques » soulève Virginie Pissoort de SOS Faim. Au niveau européen, la régulation du secteur financier n’a toujours pas permis de stopper la spéculation sur les produits agricoles. Et la Belgique est restée muette dans ce débat suite au torpillage par le CD&V, la NVA, le VLD, le CDH et le MR d’une résolution parlementaire et cela en contradiction avec les engagements pris dans la déclaration gouvernementale de 2011.

Le nombre de personnes souffrant de la faim est identique à celui des années 70. La situation s’est aggravée en Afrique Subsaharienne. Depuis les crises alimentaires de 2007, 2008, 2010 et 2011, le système alimentaire a été remis au-devant de la scène médiatique et politique. Si les Etats occidentaux promettent des financements, ils ne les déboursent que faiblement et ils délaissent les changements politiques qui s’imposent.

(*) CNCD-11.11.11, FIAN Belgique, SOS Faim, Oxfam Solidarité, Entraide et Fraternité, Réseau Financement Alternatif, Africa-Europe Faith and Justice Network

Contacts presse :
- Stéphane Desgain, CNCD-11.11.11, +32.2.475.76.90.61
- Thierry Kesteloot, Oxfam-Solidarité, +32.475.54.37.23
- Virginie Pissoort, SOS Faim, +32.478.49.66.84

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