Propositions d’Associations 21 pour le Code wallon de l’agriculture

Propositions d’Associations 21, IEW, CNCD-11.11.11, Nature et progrès et de nombreuses organisations pour le Code wallon de l’agriculture.

L’avis ci-joint a été envoyé ce matin au Cabinet du Ministre Di Antonio. Une première version du code est attendue pour la mi-février.

Question 1 : L’agriculture, quel modèle productif ? Au cours des dernières décennies, notre agriculture s’est spécialisée et intensifiée, en fonction des spécificités des régions mais aussi de la nécessité de réaliser des investissements importants et de les rentabiliser. Malgré cette spécialisation, peu de productions wallonnes sont aujourd’hui concurrentielles par rapport aux régions du monde les plus compétitives. Faut-il poursuivre dans cette voie de la recherche de compétitivité à l’échelle internationale ou développer de nouveaux modèles de production ? La Wallonie ne veut pas et ne va pas imposer un modèle unique mais veut favoriser l’évolution vers le système de production qui sera souhaité par les agriculteurs et les citoyens.

Réponse des associations : D’une manière générale, nous partageons ce constat que la majorité des modèles de production agricole en Wallonie sont dans une impasse économique, sociale et environnementale.

Il s’agit donc de favoriser politiquement et économiquement le développement de modèles de production « paysans », orientés vers une production locale et européenne, qui créent plus de valeur ajoutée de par la valorisation des productions ou de systèmes de productions plus autonomes et économes en intrants (moins énergivores, recours à des protéines locales). De plus, ce modèle agricole- et alimentaire répond davantage aux attentes des citoyens et des consommateurs soucieux de maintenir les revenus des paysans et de relocaliser la consommation (vente aux collectivités publiques et entreprises, marchés paysans, groupes d’achat solidaires de l’agriculture paysanne, ...).

Pour atteindre cet objectif, nous plaidons pour plus de régulation au niveau européen et belge. Cette régulation doit orienter la production agricole vers une production plus durable (soutien différencié pour les protéines végétales, les exploitations mixtes, autonomie de décision et de production,...).

Nous plaidons pour la transition sur 20 ans du modèle traditionnel vers un système alimentaire et agricole basé sur l’agroécologie. L’agroécologie à taille familiale se développe, elle, depuis 40 ans. Elle est basée sur :
- La souveraineté alimentaire
- L’agriculture paysanne (Cf. Charte FADEAR http://www.agriculturepaysanne.org/la-charte-de-l-agriculture-paysanne)
- Des critères de production de type biologique paysan
- Une approche systémique : autonomie financière et de décision, circuits courts, agro-foresterie, permaculture, priorité aux ressources locales, etc…
- Des capitaux familiaux ou citoyens et publics.

Définition de l’agro-écologie diffusée par le groupe Giraf : L’agroécologie est l’application de l’écologie à l’étude, la conception et la gestion des systèmes agroalimentaires. Elle est par définition une pratique interdisciplinaire qui implique une redéfinition des frontières scientifiques et sociales, ce qui constitue un défi intellectuel majeur pour la recherche en agronomie, en écologie et en sciences sociales. Elle demande la construction de nouveaux savoirs et interroge le mode de formation des scientifiques travaillant sur les systèmes agricoles et alimentaires. (http://www.agroecologie.be/)

Ce modèle a démontré son efficacité en termes d’autonomie : emploi, réduction des intrants extérieurs, adéquation des équipements, production et transformation moins énergivores, plus-value…

La réorientation de notre modèle agricole vers des approches agroécologiques n’est pas une option mais une obligation de droits humains, comme l’a encore rappelé, Olivier De Schutter, Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, dans son rapport “Agroécolgie et droit à l’alimentation”.

Des outils sont nécessaires pour permettre la transition :
- Cadre législatif ad hoc
- Soutien à la production de protéagineux et aux prairies
- Soutien aux exploitations mixtes
- Soutien qui favorise l’autonomie des exploitations
- Plafonnement puis dégressivité des aides publiques et lien aux actifs agricoles
- Fiscalité progressiv
- Droit de préemption pour permettre l’accès des jeunes à la profession et éviter l’agrandissement

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Avis des associations sur le code Wallon pour l’agriculture (PDF - 220.5 ko)

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