Apres les crises alimentaires de 2008, 2010, 2011, plusieurs rapports démontrent que les banques continuent de spéculer sur la faim.

Apres les crises alimentaires de 2008, 2010, 2011, plusieurs rapports démontrent que les banques continuent de spéculer sur la faim.

Deux rapports sont sortis en ce début d’année 2012. Le premier réalisé par Freinds of the Earthe Europe en collaboration avec le CNCD-11.11.11, Corporate Europe Observatory, WEED et portant le titre Farming Money explique comment les banques et la finance privée profite de la spéculation sur les matières alimentaires et l’accaparement de terre. Deux banque belge Dexia et KBC sonf Visée par ce rapport.

Antonio Gambini (CNCD-11.11.11) vient de sortir (17 janvier) une actualité sous le titre La faim, un produit rentable ! reprenant les résultats de l’étude de Freinds of the Earth et qui explique comment les produits financiers spéculant sur l’alimentation est extrèmement rentable pour le spéculateur. En effet ces pratiques ne sont pas marginales. Selon les chiffres de Lehman Brothers, le volume de la spéculation par les Commodity Index Funds a augmenté de 1900% entre 2003 et 2008. Lesdits Commodity Index Funds sont en fait des fonds qui investissent dans des produits financiers dérivés basés sur des paniers de matières premières, liés surtout au pétrole et aux denrées alimentaires.

Le deuxième, Food Watch, les spéculateur de la faim analyse et explique comment la Deutsche Bank, Goldman Sachs & co spéculent sur les denrées alimentaires au détriment des plus pauvres.

Malheureusement cela fait plusieurs années que la Coalition Contrer la Faim, le CNCD-11.11.11, Oxfam Solidarité dénoncent ces pratiques et l’absence de législation contraignante pour stopper le phénomène.

Deux résolutions ont été votée en 2011, l’une à la Chambre sur la crise alimentaire mondiale à l’initiative de Thérèse Snoy et d’Oppuers et l’autre votée à l’unanimité du Sénat le 5/5/2011 "relative à l’accaparement des terres et à la gouvernance foncière dans les pays en voie de développement", à l’initiative de la sénatrice Olga Zrihen.

Déja en 2010 Antonio Gambini du CNCD-11.11.11 rappelait que 2010 était une excellente année pour la spéculation sur les denrées alimentaires ! En effet le supplément « commodities » (matières premières) du Financial Times du 30 novembre 2010 nous apprennait que l’année avait été très bonne pour les opérateurs (hedge funds notamment) des marchés des produits financiers basés sur les denrées alimentaires.

Une sécheresse importante avait affecté la production de blé en Russie, en Ukraine et au Kazakhstan, sans compter les inondations au Pakistan et des conditions climatiques non optimales au Brésil : que des excellentes nouvelles pour ces opérateurs qui ont ainsi pu « tirer les bénéfices de la volatilité des prix et des distorsions des flux commerciaux », et devenir donc les « bénéficiaires principaux des pénuries de céréales » . Pénurie virtuelle puisqu’elle est le fruit des supputations des opérateurs financiers démentie par la réalité puisqu’en 2010 la récolte mondiale de céréales est bonne et le niveau des stock qui avait atteint en 2008 un minimum historique était lentement reparti a la hausse. (lire la suite)

Des solutions ?

la Coalition Contre la faim met en avants les pistes de solutions contre la volatilité et la spéculation :

Il s’agit donc, quand l’UE et la Belgique veulent s’attaquer à la volatilité et à la spéculation, de prendre un ensemble de décisions et d’outils qui se renforcent les uns les autres :

- Revoir l’ensemble de règles commerciales existantes et en cours de négociation pour permettre aux pays de réguler leurs marchés et soutenir massivement (aux delà des flexibilités existantes) les secteurs agricoles prioritaires et sortir ainsi de la dépendance alimentaire. - Permettre aux pays de mettre en place des politiques de stabilisation de prix (comprenant des stocks publics régulateurs, des tarifs variables, des contingentements, soutiens contre-cycliques, gestion de l’offre et de la demande) à des niveaux qui favorisent les productions locales
- Augmenter l’aide publique au développement destinée à la production alimentaire paysanne agro-écologique en s’attaquant aux inégalités de d’accès aux ressources et de pouvoir de marché dans le respect d’égalité de genre. Pour les consommateurs pauvres appuyer des programmes de protection sociale.
- Revoir les accords régionaux de l’UE qui entravent les coopérations régionales. Renforcer celles-ci par la mise en place de politiques régionales agricoles, commerciale et de sécurité alimentaire.
- Réformer la PAC afin qu’elle abolisse les instruments néfastes telles que les restitutions aux exportations et soutienne les instruments de stabilisation telles que la gestion de l’offre et la contribution à des niveaux de stocks suffisants au niveau mondial

- L’UE doit réguler les marchés financiers
- Restreindre les marchés des produits agricoles aux acteurs du secteur vendeur et acheteur finaux).
- Réguler les transactions de gré à gré. La proposition de règlement sur les infrastructures de marché européennes (EMIR), qui vise à garantir la transparence en transférant les produits dérivés négociés de gré à gré (en dehors des bourses d’échange) sur des bourses d’échanges. Il faudra de plus interdire les fonds indiciels basés sur les produits agricoles
- Imposer des positions limites à tous les acteurs autorisés qui sont actifs sur le marchés des produits agricoles afin d’éviter que les acteurs les plus puissants puissent manipuler les cours à des fins spéculatives. Les actuelles exemptions données aux plus gros acteurs du secteur doivent être abandonnées. La Directive européenne sur les marchés d’instruments financiers (MiFID) doit inclure ces limites de position
- Interdire les mandats et soutiens à la production et à la consommation d’agrocarburants et revoir l’objectif de la directive sur les énergies renouvelables de l’UE pour le remplacer par des objectifs de réduction de la consommation d’énergie.

- Contribuer à la cohérence des politiques par
- la réduction en UE des émissions de gaz à effets de serre d’au moins 40% d’ici 2020,
- le renforcement du Comité de la Sécurité Alimentaire mondial dans ses mandats de veiller à la cohérence, la coordination et le monitoring des politiques de sécurité alimentaire, y compris sur les points ci-dessus

Les sorties Médias :
- La Libre Belgique (26/1/2012) Ces banques qui jouent avec la faim
- L’Echo (14/1/2012) KBC accusée par des ONG de faire du land grabbing
- Sud Presse (19/1/2012) Dexia et KBC spécule sur la faim (voir pdf)
- Web RTBF (13/1/2012) Les denrées alimentaires de plus en plus chères à causes des spéculations
- Métro (17/1/2012) Le prix des céréales reste élevé + Intervews Minute de Stéphane Desgain (voir pdf)
- Interview radio de Stéphane Desgain sur la RTBF la première les 12 et 13/1/2012 (Marc Molitor)


Metro (PDF - 487 ko)


Sud Presse (PDF - 250.9 ko)

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